Synthèse hebdomadaire de la presse du 30 octobre au 6 novembre 2020

Faits marquants

-  Le vote par anticipation, notamment pour les personnes âgées de plus de 60 ans, a débuté le 29 octobre et enregistre un fort taux de participation à Rangoun.

-  L’armée birmane et le commandant en chef des forces armées ont ouvertement critiqué le gouvernement de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) et sa manière d’organiser les élections, dénonçant notamment la partialité de la Commission électorale de l’Union et ses irrégularités.

Elections générales

• Vote par anticipation

Le taux de participation du vote par anticipation des personnes âgées de plus de 60 ans est élevé, principalement dans la Rangoun, où il s’établissait à plus de 70% le 4 novembre selon la sous-commission électorale. A la même date, la commission électorale rapportait 53% de taux de participation dans la région de Mandalay, plus de 60% dans l’Etat Kachin, plus de 50% dans la région de Bago. Pour rappel, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent 10% de la population (5,1 millions de personnes).

Plusieurs plaintes ont été rapportées dans le cadre du vote par anticipation, qui a débuté le 29 octobre, portant notamment sur l’utilisation de faux tampons ou sur des enveloppes déchirées en raison de la mauvaise qualité du papier. Des sanctions ont été prises, au titre de l’article 59 de la loi électorale, à l’égard d’une personne ayant voté à deux reprises dans la région d’Ayeyarwaddy, ou encore d’une personne ayant donné un faux tampon dans un bureau de vote du township de Hlegu (Rangoun).

Campagne électorale

La commission électorale de l’Union a demandé à tous les partis politiques de mettre fin aux activités de campagne électorale le 6 novembre à minuit. Après cette date, et ce jusqu’au jour des élections, la commission interdit les partis politiques et les candidats d’utiliser Internet, les réseaux sociaux ou d’autres canaux médiatiques pour faire campagne.

• Armée birmane

L’armée birmane a exprimé de vives critiques à l’égard du gouvernement et de son organisation des élections, créant une joute verbale entre celle-ci et la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) durant la semaine. Le 2 novembre, le bureau du commandant en chef des forces armées publiait deux communiqués de presse, critiquant ouvertement :

• La Commission électorale de l’Union (UEC) pour sa gestion des élections, dénonçant sa partialité, et pointant des « faiblesses » et des « erreurs », dont l’entière responsabilité est attribuée au gouvernement de la LND.
• Le processus de paix conduit par la LND avec les groupes ethniques armés.

Le 3 novembre, le commandant en chef des forces armées, Min Aung Hlaing, a participé à une interview du journal birman Popular News journal. A cette occasion, Min Aung Hlaing a indiqué que l’armée birmane avait la responsabilité de protéger le pays ainsi que sa constitution, en tant que gardien de celle-ci, pointant les irrégularités constatées lors du vote par anticipation et réaffirmant le manque d’impartialité de la commission électorale de l’Union (UEC), dont les membres sont nommés par le Président de l’Union.

Le 4 novembre, le porte-parole du bureau du président, Zaw Htay, a répondu aux critiques de l’armée, arguant qu’elles étaient sans fondement et de nature à susciter l’inquiétude et l’instabilité à la veille des élections. Il a, par ailleurs, indiqué que les déclarations du commandant en chef n’étaient pas conforme à la Constitution, notamment l’article 26 (a), qui stipule que les fonctionnaires, y compris l’armée et la police, doivent être détachés de tout parti politique.

Le 5 novembre, l’armée birmane a publié un nouveau communiqué de presse, soulignant que le gouvernement ne pouvait pas nier son lien avec l’UEC, ce qui reviendrait à ignorer ses responsabilités, puisque le Président nomme ses membres. Elle a rappelé que la Constitution prévoyait la destitution du Président et Vice-Président s’ils étaient jugés disqualifiés ou n’assumaient pas leurs responsabilités.

Enfin, le commandant en chef des forces armées, à l’occasion d’une rencontre avec les commandants des régions militaires le 5 novembre, a appelé à voter pour un candidat qui soutient les « trois principales causes nationales » de l’armée.

Covid-19

Le nombre de cas Covid-19 s’établit le 5 novembre à 57 935 cas, dont 1352 décès et 42 178 guérisons. La région de Rangoun demeure la plus touchée, avec 44 246 cas confirmés. La région de Bago est désormais la deuxième région la plus touchée, avec 3 008 cas, devant l’Etat Rakhine qui compte 2 947 cas.

Wirathu

Le 2 novembre, le moine nationaliste Wirathu, connu pour sa rhétorique anti-musulmane, s’est rendu à la police de district de l’Ouest dans la région de Rangoun, après plus d’un an en fuite. Wirathu avait été inculpé par l’administrateur du district de l’Ouest, en mai 2019, pour diffamation de chefs d’État en vertu de l’article 124 (a) du Code pénal.

En effet, ce moine nationaliste a toujours prôné la protection de la nationalité birmane et de la religion bouddhiste, et soutenu la présence de l’armée dans la politique birmane, notamment le parti l’USDP en tant que gardien de ces valeurs.

Le jour suivant, une vingtaine de moines et 50 activistes nationalistes se sont rassemblés devant la Yangon Western District Court, où le moine Wirathu était en détention provisoire, portant des panneaux « We love Wirathu ». Certains observateurs avancent que son apparition, 6 jours avant les élections, visait à déstabiliser la Ligue Nationale pour la Démocratie.

Rakhine/Chin

Les restrictions à l’accès à internet (3G et 4G) dans les 8 townships des Etats Rakhine et Chin ont été reconduites jusqu’au 31 décembre, selon l’opérateur de téléphonique mobile Telenor.

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L’urne pour le vote par anticipation dit à un électeur qu’assurer la sécurité des urnes est aussi assurer la sécurité des électeurs 7Day News journal

publié le 06/11/2020

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