Partis politiques birmans

Les élections générales en Birmanie ont lieu tous les 5 ans, et renouvellent les parlements régionaux ainsi que le parlement national. Elles sont supervisées par la Commission électorale de l’Union (UEC), créée en mars 2010. Ses membres sont nommés par le gouvernement ; son président actuel est Hla Thein, un ancien coureur de marathon. L’UEC a pour mandat d’organiser les élections, de vérifier les candidats aux élections et de valider la création des nouveaux partis. Pour pouvoir s’enregistrer, un parti doit être constitué d’au moins quinze personnes répondant à des critères précis de nationalité et d’engagements passés. Il doit présenter un nom et celui de son président, un drapeau et un emblème, s’inscrire dans une idéologie politique en cohérence avec son programme, et s’engager à être composé d’au moins mille membres dans les 90 jours qui suivront son autorisation. Le parti doit, pour être répertorié, respecter et garantir le maintien de la loi birmane, protéger l’intégrité du pays et ne pas instrumentaliser un discours religieux à des fins politiques.

1. Partis nationaux

JPEG National League for Democracy (NLD)

La National League for Democracy (NLD) est le parti actuellement au pouvoir en Birmanie, après avoir largement emporté (autour de 80% des voix) les élections de 2015. Il est surtout majoritaire dans les régions bamares. Fondé en 1988 par Aung San Suu Kyi, il plaide pour une réforme de la Constitution de 2008, l’unité du pays dans la construction d’une Union fédérale, et agit en faveur du processus de paix. Malgré la mise en place d’un Comité dédié aux affaires ethniques en septembre 2019, il est très critiqué par les minorités ethniques pour son manque d’empathie à leur encontre, notamment dans les États Kachin, Rakhine et Shan, où il a nommé unilatéralement les gouverneurs régionaux. Il les a aussi déçus pour n’avoir pas défendu suffisamment la mise en place d’une union fédérale en Birmanie, qu’il avait pourtant promise aux élections de 2015. Le parti, assuré de l’emporter en 2020 malgré tout, a déclaré qu’il ne fera aucune alliance avant les élections, mais pourrait y être ouvert afin de constituer un gouvernement national.

Site internet : http://nld-official.org/
Page facebook : https://www.facebook.com/nldparty/

JPEG Union Solidarity and Development Party (USDP)

L’Union Solidarity and Development Party (USDP) est le principal parti d’opposition à la NLD, malgré son faible score (8,5% des voix) aux dernières élections de 2015. Considéré par certains comme une extension de l’armée, et héritier des derniers gouvernements militaires, il propose une politique nationaliste bamare. Pour autant, dans le cadre de la réforme de la Constitution comme des élections générales de 2020, il a amorcé un virage en faveur des minorités ethniques, notamment concernant la mise en place d’un système de représentation proportionnelle aux parlements, et l’élection des gouverneurs régionaux. Il a annoncé souhaiter se rapprocher de divers partis ethniques, dont la plupart ont jusqu’à présent refusé ; l’USDP a aussi précisé qu’il souhaitait mettre en place un gouvernement de coalition, sans pour autant préciser avec qui.

Site internet : http://www.usdp.org.mm/
Page facebook : https://www.facebook.com/pyikhinephyomyanmar/

People’s Power Party (PPP)

Le People’s Power Party (PPP) est un parti récent, créé au début de l’année 2018 par des membres de la Génération 88, dont le militant Ko Ko Gyi. Il souhaite rassembler les déçus de la NLD, notamment sur les questions ethniques : il propose en particulier de garantir une plus grande liberté aux partis ethniques dans leurs zones d’origine et leur a proposé une alliance, à la fois pour les élections, mais aussi, à terme, au parlement. Le parti souhaite être le troisième parti après la NLD et l’USDP aux élections générales de 2020 ; il cherche à faire voter l’électorat qui s’est désintéressé de la politique.

Page facebook : https://www.facebook.com/88kokogyi/

JPEG Union Betterment Party (UBP)

Le Union Betterment Party (UBP) est lui aussi un nouveau venu sur la scène politique : il a été créé en février 2019 par l’ancien parlementaire USDP Shwe Mann, renvoyé en 2015 pour son rapprochement politique avec la NLD. Entouré de militaires dits modérés, il milite en faveur d’une union fédérale et d’une nouvelle constitution. Il a annoncé vouloir concourir dans certains États ethniques « à la demande des minorités », et vouloir soutenir et renforcer la NLD et le gouvernement civil.

Page facebook : https://www.facebook.com/UBP.Party.Official/

2. Partis politiques ethniques à visée nationale

JPEG Chin National League for Democracy (CNLD)

La Chin National League for Democracy (CNLD) est un parti ethnique chin, né de la fusion de trois partis ethniques en juillet 2019. Il revendique l’union fédérale ainsi que les droits des minorités ethniques, et en particulier l’élection des gouverneurs régionaux par leurs administrés. Le parti a pour stratégie de se présenter pas seulement dans l’État Chin, mais partout où des minorités chin sont présentes ; il souhaite aussi former une union des partis ethniques contre la NLD et l’USDP, impopulaires chez ces populations. À terme, le parti compte sur la mise en place – forcée – d’un gouvernement de coalition entre la NLD et les partis ethniques.
Au moins autres partis d’ethnies situées dans le Chin sont restés en dehors de cette alliance.

Page facebook : https://www.facebook.com/Chin-National-League-for-Democracy-2368983043209931/

JPEG Mon Unity Party

Le Mon Unity Party (MUP) est un parti ethnique né de la fusion de deux partis ethniques môns en juillet 2019. Il prône les droits des minorités ethniques, et a déclaré être ouverts aux alliances interethniques. Il a décidé de se présenter partout où des minorités môns sont présentes, et bénéficie d’une représentation nationale. Il a déclaré avoir été approché par le PPP et l’UBP, mais n’a pas encore fait connaître sa réponse. Son principal objectif affiché pour les élections de 2020 est d’être le premier parti de l’État Môn, et d’y battre ainsi la NLD.

Page facebook : https://www.facebook.com/MON-UNITY-PARTY-1637973799851574/

JPEG Shan Nationalities League for Democracy (SNLD)

La Shan Nationalities League for Democracy (SNLD) est le quatrième parti au parlement de l’Union, et le deuxième au parlement régional de l’État Shan, derrière l’USDP. Fondé en 1988 et proche de la NLD, le parti a décidé lors de son congrès au printemps 2019 de changer de stratégie, passant d’une approche ethnico-Étatique à une approche politico-nationale. La SNLD souhaite à présent réunir sur une large base l’ensemble de la population de l’État Shan, et même au-delà, autour de quatre thèmes : la paix, le fédéralisme, l’égalité et l’accès à l’éducation. Il aurait été approché par un autre parti shan dans un but d’alliance, mais n’aurait pas encore donné de suites.
Les partis du Shan sont nombreux à être restés en dehors de cette alliance, notamment la Shan Nationalities Democratic Party (SNDP), en perte de vitesse depuis 2010.

Page facebook : https://www.facebook.com/SNLDparty/

3. Partis politiques ethniques à visée locale

JPEG Arakan National Party (ANP)

L’Arakan National Party (ANP) est le parti majoritaire dans l’État Rakhine, et le troisième parti représenté au parlement national (22 sièges) après la NLD et l’USDP. Il est né d’une fusion de deux partis ethniques arakanais en janvier 2014, en prévision des élections de 2015 ; fusion qui a par ailleurs éclaté en 2017 à cause de conflits internes : l’Arakan League for Democracy (ALD) était assez proche de la NLD, quand l’Arakan Nationalities Development Party (ANDP) était déjà majoritaire aux élections de 2010. Ethno-nationaliste, il milite pour les droits des minorités ethniques, et notamment en faveur de l’élection des gouverneurs régionaux, pour le développement économique du Rakhine grâce aux investissements chinois, et pour le processus de paix dans la région. La population lui est déjà acquise pour les prochaines élections, notamment à cause des conflits qui ont lieu et opposent l’Arakan Army (AA) à la Tatmadaw au détriment des populations civiles, et qui discréditent le gouvernement national. Le principal objectif du parti pour les élections de 2020 est de garantir la tenue des élections dans le Rakhine, même dans les zones les plus affectées par le conflit.

Page facebook : https://www.facebook.com/ArakanNationalPartyOfficial/

JPEG Arakan Front Party

L’Arakan Front Party (AFP) est né de la scission interne à l’ANP en 2018, due à des tensions de personnes plutôt qu’à des divergences politiques. Ses exigences pour l’État ethniques sont proches de celles de l’ANP, même s’il est moins populaire. Le parti compte surtout sur la grande popularité du parlementaire Aye Maung, ex-ANP et emprisonné pour avoir critiqué l’action de la NLD dans le Rakhine, pour attirer les votes de la population arakanaise.

Page facebook : https://www.facebook.com/Arakan-Front-Party-102416994439703/

JPEG Kachin State People’s Party (KSPP)

Le Kachin State People’s Party (KSPP) est un parti ethnique kachin, né de la fusion de quatre partis ethniques en juin 2019, après une première fusion en 2018 ; l’un de ses parti fondateur est encore représenté au parlement national. Le parti défend les droits des minorités ethniques, et prône un ethno-nationalisme en faveur de la défense de la culture et des traditions kachin, qu’il qualifie lui-même de nationalisme. Il souhaite rassembler l’ensemble des voix kachin dans l’État pour en éviter la dispersion ; il souhaite aussi se rapprocher des autres partis ethniques contre la NLD. Le parti a déjà annoncé qu’il refuserait de se rapprocher de la NLD avant comme après les élections ; il souhaite justement la battre dans l’État Kachin.
Quatre autres partis d’ethnies situées dans le Kachin sont restés en dehors de cette alliance.

Page facebook : https://www.facebook.com/Kachin-State-Peoples-Party-KSPP-855914488096099/

Karen National Democratic Party (KNDP)

Le Karen National Democratic Party (KNDP) est un parti ethnique karen (ou kayin), né d’une fusion de quatre partis ethniques en février 2018. Aucun d’entre eux n’a de représentation nationale : leur fusion cherche à faire valoir les droits des minorités ethniques, notamment karens ; les principaux thèmes qu’ils défendent sont l’ethno-nationalisme karen et le processus de paix interne aux groupes armés karens. Le parti ne se présentera que dans l’État Karen ; il a en outre annoncé qu’il ne s’alliera à aucun parti bamar, et qu’il souhaite être majoritaire à l’assemblée régionale.
Deux autres partis ethniques karens sont restés en dehors de cette alliance.

Page facebook : https://www.facebook.com/kndp.kayin.7

JPEG Kayah State Democratic Party (KSDP)

Le Kayah State Democratic Party (KSDP) est l’un des premiers partis né d’une fusion de partis d’un même groupe ethnique, en août 2017. Localisé uniquement dans l’État Kayah et ne bénéficiant d’aucune représentation nationale, il défend les droits des minorités ethniques, l’union fédérale et le processus de paix. Il a déclaré se concentrer sur la politique de l’État Kayah seulement, indépendamment de l’échelle nationale. Son principal objectif affiché pour les élections de 2020 est de battre la NLD dans l’État Kayah.

Page facebook : https://www.facebook.com/Kayah-State-Democratic-Party-150818209100479/

publié le 07/02/2020

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